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Saturday, October 18, 2008

Blaise Pascal et l'écologie

Ce matin, je repensais aux Pensées de Pascal, Blaise Pascal, œuvre que j’avais étudié en classe de Mathématiques Supérieures. J’avoue ne pas avoir été passionné à cette époque de ma vie, voyant dans ce livre que l’obstacle qui me séparait des concours et de mon intégration dans une école d’ingénieurs. Le fait aussi de lire des pensées éparses n’était pas non plus de mon goût, car j’aimais à l’époque les bons romans et les discours suivis. Le livre de poche avait alors rapidement quitté ma table de nuit, pour faire quelques stations sur ma table de travail, pour enfin se réintroduire dans la bibliothèque, endroit où il doit se trouver encore aujourd’hui, car je n’aurais pas eu l’idée de l’en déloger depuis trente ans. Pourtant ce matin, je repensais au pari Pascalien, tout en pensant aux questions d’écologie mondiale. En effet, dans le pari Pascalien, le philosophe nous explique « candidement » que nous avons tout intérêt à croire en Dieu, au Christ et en la Résurrection. Croire permet de vivre une vie pleine de joies, ayant un gradient de forces de bonté sur lesquelles s’aligner ; croire permet de donner un sens à sa vie, comme on dit vulgairement, de remplir ses pensées de tout ce que les Pères de l’Eglise, les moines, les théologiens ont accumulé pendant vingt siècles. De tout cela, on devient riche, bon, apaisé et uni à soi-même. Alors ? A la fin de sa vie, de deux choses l’une. Soit il y a vraiment un Dieu, et alors, « banco », la vie éternelle s’aligne merveilleusement avec son pèlerinage sur la terre ; soit il n’y a rien, pas de Dieu … triste, certes, mais on n’a rien vraiment perdu sur la terre, seulement vécu avec une vie pleine de sens et d’espoir et donné aussi l’exemple aux autres hommes qui nous ont entouré et connu, pendant notre vie terrestre. Mes réflexions glissent maintenant vers le réchauffement climatique et l’écologie. Nous bataillons bêtement sur des questions pour savoir s’il y a réchauffement ou pas, si nous devons faire quelque chose ou pas, et sur quelles échelles de temps. D’abord, il faudrait à toutes ces doctes personnes un petit peu d’humilité. Nous découvrons par hasard que nous comparons des mesures de températures d’il y a cinquante ans, qui furent faites avec des technologies de mesures imparfaites qui dépassent les augmentations que nous enregistrons. Nous ne savons pas expliquer pourquoi il faisait si froid du temps de Louis XIV, comment les océans échangent les masses chaudes d’eau et pourquoi elles se déplacent d’un coin à l’autre du globe ; nous suspectons les volcans d’être responsables de modifications climatiques dans des facteurs cent para rapport aux activités humaines ; et ainsi de suite… Restons donc humbles sur ces sujets, où nous pouvons, comme pour l’économie, faire tourner des ordinateurs surpuissants, mais nous hésitons sur les paramètres à injecter dans le modèle. Je crois bien sûr que les activités humaines ont un impact sur le climat, dire le contraire serait intellectuellement faux, mais … faire des prévisions sur le climat ou la température à la fin du vingt-et-unième siècle, je ne m’y risquerai pas ! Il peut facilement faire plus froid en 2100 qu’aujourd’hui, simplement si la terre se met à vibrer différemment sur son axe, comme les scientifiques le suspectent aussi. Donc, vous me voyez venir ; appliquons le pari Pascalien ! Agissons « comme si », avec humilité, avec prudence, avec amour et avec respect de la nature créée par Dieu. Ne devenons pas des cinglés de l’écologie qui voudraient adorer la déesse terre, et préféreraient arrêter l’expérience humaine sur la terre pour … la sauver ! Mais, travaillons comme jamais, réfléchissons avec toute notre intelligence sur les questions des technologies de la propreté, économisons l’énergie fossile, respectons les environnements. De tous ces travaux, naitront de nouvelles activités humaines, une économie de la propreté, des comportements responsables et du dynamisme. Et finalement, si la température se refroidit à la fin du siècle, qu’aurons-nous perdu ? Et, si au contraire, nos modèles alarmistes d’aujourd’hui sont les bons, nous aurons sauvé la planète. Allez, où est le problème ? Et au travail ! Parions comme Blaise Pascal, il y a quelques siècles !

Saturday, October 11, 2008

J'aurais aimé être un éditeur !

Pourquoi aurais-je aimé être un éditeur ? Il est indéniable que je suis dans la deuxième partie de ma vie professionnelle, et donc qu’il est un peu tard pour que je me pose la question que nous posons classiquement à nos enfants : « Qu’est-ce que tu aimerais faire plus tard, comme métier ? ». L’exercice n’est pas forcément aussi futile qu’il n’y parait et je pourrais au moins me retrouver dans la paix et la sérénité pour avoir répondu à la question à la fin de mon parcours. Donc, pour reprendre le cours de l’histoire de mes études, puis de mes activités professionnelles, j’ai surtout le sentiment de m’être laissé glisser sur une ligne de plus grande pente que j’ai toujours appréciée. Une école d’ingénieurs, puis un secteur électronique enthousiasmant et des responsabilités variées dans l’espace et dans le temps. Donc, content ? Oui, sans aucun doute, même si je n’ai jamais répondu honnêtement à la question posée d’une possible vocation pour un métier ou un autre, pour secteur d’activités ou un autre. Tout cela suivait son cours, tranquillement, lorsqu’il y a huit ans, je me suis retrouvé virtuellement riche, du moins à la tête d’une potentielle somme qui m’aurait mis à l’abri du besoin pour le reste de mes jours, ou de mes responsabilités de père de famille. Je ne donnerais pas de détails, mais c’était suite à l’introduction en bourse de Gemplus qui valorisait mes options de souscription d’actions à des niveaux forts sympathiques. Virtuellement, puisque la crise des hautes technologies, m’a annihilé la totalité ou presque, dans les cinq mois qui ont suivi. Mais, je me suis retrouvé avec cet exercice d’introspection fort intéressant, qui consiste à hiérarchiser ses valeurs, ses intérêts dans la vie, ses envies et bien sûr, à prioriser ses projets professionnels. Alors, me vint tout de suite la lumière ; il me fallait reprendre une petite édition sur la place Parisienne et m’occuper dans ce milieu, sans la pression de la rentabilité pour élever une famille, sans lutter tout le temps pour une survie. Donc, le bon côté de l’édition, sans les embarras, les inconvénients. L’édition comme violon d’Ingres. Juste la joie de produire des beaux objets et du contenu intellectuel, artistique, promouvoir des émotions, faire partager des découvertes. Parce que je trouve attirant dans ce métier, c’est l’approche à la fois physique et intellectuelle. J’aime les livres, les sentir diraient certains qui connaissent mon goût pour les odeurs livresques ; j’aime les toucher, les ouvrir, les refermer, juste pour voir danser les lettres devant mes yeux. J’aime les polices de caractères, les choix de casse, de mise en page, les espacements entre les lettres, les paragraphes. Quelle merveille que de passer des heures à les choisir, d’investir tant de temps dans de tels détails qui paraissent tant futiles à d’autres ! Et puis, bien sûr, il y a les idées qui sont derrière, comme les causes des ombres Platoniciennes, elles inondent mes pensées et réjouissent mon intellect. Je vis en communion avec un auteur qui s’abstrait au dessus des autres, qui luttent avec ses arguments, qui partagent ses émotions et me laissent pantois ; les yeux dans le vague et les doigts qui glissent sur le papier.

Saturday, October 04, 2008

Monsanto

Je finis un livre effrayant sur la face cachée de la multinationale Monsanto. Je l’avais acheté à la volée dans un « Relais H » de la gare Montparnasse, il y a deux ou trois mois, en partance pour Aix-en-Provence. Je crois que je n’ai jamais lu aussi vite un pavé de près de quatre cents pages. Je voulais me faire une idée définitive sur les OGM, les Organismes Génétiquement Modifiés, et je savais que je ne tenais pas un livre suffisamment objectif au cas où les argumentaires des deux côtés eurent été en équivalents de part et d’autre. Mais ce que j’ai lu ne m’a donné aucun doute, sur toute une série de plans bien plus différents que ceux que j’avais imaginés. D’abord sur la pollution par l’industrie chimique et ses formidables ravages par la prolifération des cancers de toutes sortes ; déjà là, dès les premiers chapitres, Monsanto est aux avants postes, ayant été mêlé à tous les scandales de la première moitié du vingtième siècle. Puisque cela fait partie de l’histoire, je n’arrive pas à comprendre comment cette société n’a même pas eu la décence de changer de nom, pour se lancer dans d’autres activités. Puis, ensuite, le DTT, les défoliants, les désherbants, avec les relations plus que troubles, mais ô combien imaginables, avec l’industrie de l’armement et de tous les poisons qui purent être diffusés sur des théâtres de combat. Si cela n’avait été que les combats, mais, les civils peuvent en témoigner dans leur corps, principalement au Vietnam. La capacité de Lobbying de la firme, ses relations vicieuses et incestueuses avec les institutions chargées de contrôler les lois d’encadrement de l’utilisation de ses produits, sont un triomphe ininterrompu de la mauvaise-foi Nord-Américaine dans les affaires. La force, l’intimidation, comme une dictature Soviétique drapée dans une toge de bon-droit et de liberté, alors qu’à peu près toutes les valeurs occidentales ont été bafouées par Monsanto dans les cinquante dernières années. Enfin, les OGM proprement dites, avec la machination monstrueuse du « Business Model » qui a rendu les semences infertiles pour qu’on doive en racheter chaque année, les accusations mensongères et les pressions sur les paysans, tout cela pour tirer profit d’une soi-disant invention de la vie. Cela touche au sublime, avec les brevets déposés sur les savoirs-faires de nos ancêtres paysans et de nos remèdes de bonne fame. Le juridique envahit le secret de nos vies, veut se faire démiurge, Dieu à la place de Dieu, dans le plus grand péché d’orgueil qui puisse exister ; et transformer tout cela dans un nouvel esclavage pour l’humanité entière. Ouah … en en plus … cela ne marche pas. Comme dans l’histoire de Monsanto, sorte de Microsoft du vivant, les produits ont souvent été de pâles copies des concurrents, arrivés tard et fonctionnant mal. La technologie d’OGM de Monsanto est dangereuse, en plus, car pas au point, avec des destructions de gênes par bombardement qui peuvent à tout moment recréer des Frankenstein involontaires. La firme n’en a cure, et utilise sans complexe ses technologies pas au point, alors que ses concurrentes travaillent au moins plus proprement. Pour en finir cette fois, au-delà de ces scandales à répétition, c’est le formidable « flop » des OGM, destinés à en terminer avec la faim dans le monde. Les résistances reprennent le dessus en trois ans, les insectes, les abeilles et les papillons meurent, la diversité biologique diminue avec donc des risques de maladies et de famines ; et les hommes développent de nouveaux cancers chaque jour un peu plus, pour donner les profits aux actionnaires du monstre, de la « bête » Apocalytique, qui a trouvé son nom : Monsanto.