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Sunday, January 27, 2008

L'Ile

Nous sommes allés voir un très joli film Russe appelé « L’Ile » au cinéma « Lincoln » à deux pas des Champs Elysées, et en famille réduite … seul Jean-Baptiste nous a accompagnés et ne le regretta pas ! Que nous sommes loin des super productions d’Hollywood et de leurs scenarii déjà tout ficelés, tous de la même veine ; et dont bien sûr nous saluons la grève des scénaristes depuis près de deux mois. Ainsi, il y aura plus de place pour le cinéma mondial et la vraie créativité artistique : dans quelques mois, nous pourrons assister à des projections de films intéressants et beaux, grâce à cette grève ! Cet aspect « Art & Essai » du film projeté ce soir, ne signifie pas qu’il soit réalisé sans moyens ; ils sont seulement mis au service de la qualité des images et des prises de vue, à la reconstitution de ce monastère Orthodoxe sur une île improbable dans les froideurs de l’océan Arctique. Car nous ne sommes pas dans l’exubérance des couleurs, loin de là, avec un hiver quasi permanent, de la neige, du lichen , admirablement filmé qui semble vivre devant la caméra, comme frissonnant à chaque rayon d’un soleil subtil. Le déroulé du film n’est pas si important et son histoire n’est que prétexte ; je ne raconterai pas l’histoire, mais la connaitre n’est pas rédhibitoire car l’intensité dramatique n’y est pas liée et un quasi « Happy End » y serait presque incongru. Le point de départ se situe dans les quelques premières minutes du film et toute la réflexion s’en nourrit pendant le reste de la projection. Un peu comme le tas de charbon sur lequel le Père Anatoli continue de vivre et de se chauffer trente-quatre années après le drame. Ce servage du charbon et cette quête continue de chaleur représente la bataille qui se livre dans le cœur du Père Anatoli qui veut à tout prix chasser les démons et trouver le pardon de ses péchés. Il fait participer son supérieur de la congrégation à cette chasse aux démons, dans l’une des scènes tragicomiques de l’histoire, où le père supérieur ne saura que remercier son frère Anatoli de l’avoir libéré des objets qui lui encombrent sa prière et sa relation à Dieu. Magnifique interprétation de l’acteur qui serait un participant d’un groupe de Rock Russe et qui personnifie si bien la prière du cœur des Orthodoxes, celle qui les relie au Judaïsme par la répétition et les mouvements du corps. Incroyable réflexion sur le pardon, qu’on donne, qu’on reçoit et sur lequel le temps n’a ni prise, ni érosion. La vie doit abandonner le superflu et reprendre son sens, non dans la seule contemplation … les va-et-vient incessants de la brouette de charbon du Starets Anatoli sont là pour nous le rappeler.

Saturday, January 19, 2008

Le général Santa Anna

Vous connaissez sans doute mon intérêt pour le général Mexicain, Antonio Lopez de Santa Anna! Une personnalité hors du commun, en ce dix-neuvième siècle charnière pour la création des deux Unions d'Etats que seront les Etats Unis d'Amérique et les Etats Unis du Mexique ; toute cette époque déterminant une nouvelle frontière entre les deux Unions, fruit de différentes guerres, de choix d'adoption des populations et parfois, fruit de la supposée trahison d'un homme ... Santa Anna!
Beaucoup a été dit sur cet homme qui a perdu la guerre du Texas ... pardon, du Coahuila, puisque l'état du Texas n'était alors que la partie Nord de l'état Mexicain du Coahuila! Il a volé l'argent public, puis il a utilisé l'argent qu'il volait pour nourrir les troupes officielles du Mexique ; c'était l'époque, mieux valait se servir avant les autres dans les caisses, et seule l'histoire jugera en fin de compte. Il avait une manière de vivre ses onze présidences de manière assez détachée puisqu'il ne participa pas physiquement à beaucoup des inaugurations de ses mandats, laissant les vice-présidents prendre les responsabilités, alors qu'il allait guerroyer ou se reposer dans son ranch de Jalapa. Une sorte de préfiguration de Georges Bush Junior, en sorte!
Oublions cela et laissons juste ressortir deux aspects plus sympathiques du personnage; le premier sur sa noblesse de vue à son époque, le deuxième sur sa curiosité et richesse d'idées.
Pour le premier aspect, qui n'oubliera pas que lorsque, dos au mur, lâché par les politiques de México, Santa Anna est acculé à vendre le tiers du territoire Mexicain à l'Union du Nord, il a certes empoché une partie de la somme pour aller guerroyer, mais il a aussi demandé des contreparties. Quelles furent-elles? que dans tous les états qui passeraient d'une union à l'autre, ne soit pas instauré l'esclavage et que ne soit pas autorisée la peine de mort !!! L'Espagne avait de la grandeur, face aux arrivistes et pragmatistes du Nord ... qu'en fut-il pour les noirs des états du Sud, après la vente ? et qu'en est-il pour l'état qui passe encore des centaines de personnes chaque année sur la chaise électrique plus de cent cinquante années après la parole donnée, les anciens territoires du Nord du Coahuila, aujourd'hui administrée par la famille Bush? Certes, ils sont plus riches que les états de l'union Mexicaine, mais ils n'ont pas respecté leur parole de "caballero" (qui sonne mieux que parole de "gentlemen" dans ce cas).
Le deuxième aspect de Santa Anna est plus ludique ; durant son dernier voyage à New York, Santa Anna modifia sans le savoir les coutumes des habitants du pays qui le recevait. En effet, il employa un jeune homme, James Adams, comme secrétaire et interprète. Ce jeune homme remarqua que Santa Anna mâchait des boules de latex d'un arbre du Yucatan, appelé Chicozapote ou "Chiclè" en Maya (ce qui veut dire la mâchoire qui bouge). A la fin de son séjour, le général lui vendit son stock de "Chiclè". James Adams inventa un processus pour créer une version synthétique de ce latex, en y ajoutant des édulcorants et il créa bientôt la "Adams Chewing Gum Company"! Une vieille coutume des Indiens du Yucatan, région qui elle aussi, tenta plusieurs fois de se rendre indépendante dans ces années 1850.
Pour les personnes intéressées: www.chicle.com.mx , puisque des entrepreneurs ont recommencé à fabriquer, dans le Yucatan, des vrais "Chewing Gum"!

Saturday, January 05, 2008

Création d'entreprises!

Pour couper court à toute mauvaise interprétation, qu’il soit bien clair que je ne suis en aucun cas un adepte des horoscopes, de toute provenance qu’ils soient. Par hasard, je sais que je suis un « Lion » et je ne connais même pas mon ascendance ou les quelconques astres qui sont sensés influencer ma vie professionnelle et sentimentale. Je crois tout à fait que la nature et la création en général, influencent les hommes, que les cycles des saisons peuvent augmenter ou relâcher nos angoisses, nos peurs ou nos motivations ; que nous sommes sensibles à notre environnement, aujourd’hui et dans le passé, mais pas au point de prédestiner notre journée par la position astrale du jour, ô combien important, de notre naissance. Encore plus ridicule pour moi, serait l’horoscope du Bouda qui appela les animaux, une douzaine, avec un cycle ainsi d’années, chacune dédiée à l’un de ces animaux. La seule chose dont je me souviens, c’est que c’est le Rat qui est arrivé le premier à l’appel du Bouda, et que je suis né une année du « Rat » ! Certes le rongeur est considéré non seulement comme rapide, mais aussi très intelligent ; certes, des essais cinématographiques récents comme « Ratatouille » ont encore accru son aspect sympathique, mais il faut l’avouer, cela reste un rat ! Donc, restons en là … sauf que je fus très marqué par une interview que j’ai lue il y a vingt-cinq ans, d’André Truong Thi. Tout le monde connait André Truong Thi, bien sûr, mais au cas où … Né à Saïgon, il étudia au lycée Hoche et créa rapidement une société appelée R2E qui inventa en 1973 le premier microordinateur du monde, appelé le MICRAL, que reconnaissent tous les Américains qui lui ont rendu hommage en faisant trôner le MICRAL à Boston dans le musée des Technologies. Il créa de nombreuses entreprises … tous les douze ans, comme il l’expliquait, chaque année du « Rat », car il était né en 1936, en une autre de ces années de notre ami le rongeur. Et, cela sembla bien lui fonctionner, du moins d’un point de vue professionnel, car le malheureux André Truong Thi est décédé en 2005, après deux années et demi d’hospitalisation suite à une erreur médicale de diagnostic. Donc, 2008, c’est mon année !

L'année du rat

Qu'il soit bien clair depuis le début, je ne suis en rien un adepte des horoscopes de toutes les sortes; qu'ils soient bien de chez nous ou qu'ils nous viennent d'Asie,

Tuesday, January 01, 2008

Oscar Niemeyer

Oscar Niemeyer, le fameux architecte Brésilien, vient d'avoir cent ans. C’est un nom qui me fait rêver, qui me rappelle l’aventure de Brasilia. Je ne savais pas qu’il était encore vivant et encore moins qu’il était encore si actif ... dans sa ville de Rio de Janeiro et dans tout le Brésil ; et qui sait sur d’autres projets internationaux? Avec Delphine, lors de ma première visite à Sao Paulo où je l’avais retrouvée en février 2006, nous avions fait un tour de la ville de Sao Paulo et avions visité les lieux qui lui plaisaient de cette jungle d’asphalte qu’est la ville de Saint Paul du Brésil. Elle m’avait emmené voir ce bâtiment tout en courbes dans le centre ville, avec un restaurant au dernier étage mais surtout composé d’appartements privés. Le bâtiment est ventru par endroits et semble se replier à d’autres. C’est une œuvre d’Oscar Niemeyer, dans les années quarante ou cinquante, une de ses plus connues. Ensuite, au-delà de certaines autres réalisations « cariocas », son nom est lié définitivement à la conception de Brasilia, la capitale du pays, celle qui est sortie de nulle part, de la savane du Sud du Mato Grosso. L’enfilade des bâtiments ministériels, avec ensuite les palais des chambres des députés et des sénateurs ; et en point d’orgue, la Cathédrale de Brasilia, donne le vertige, le sentiment d'un démiurge citadin. J’avais pu admirer cette enfilade depuis le dernier étage de la Banque du Brésil, il y a un an et demi. Certes, nous ne sommes pas devant l’enfilade Parisienne, qui allait des Tuileries jusqu’à l’Arc de Triomphe, et maintenant jusqu’au quartier de la Défense. Mais, c’est l’Histoire de France qui a forgé cet axe formidable de la capitale Française ... lorsque cet homme de cent ans aujourd’hui, à dessiné les perspectives de la nouvelle capitales Brésilienne, sur sa table à dessin. C’est ceci qui est frappant et qui donne l’impression de la modernité et de la vitesse d’un pays comme le Brésil. Un homme, encore aujourd’hui vivant, a conçu dans sa tête, une ville qui a largement dépassé le Million d’habitants en 2007. En ce sens, l’architecte est un démiurge, un homme qui crée des espaces de vie, des maisons, des bureaux et même des villes. Ce que je lisais récemment de la ville de Dubaï qui veut recréer un centre équivalent à un quartier de la ville de Lyon !